lundi 31 décembre 2018

New Year / Nouvelle année


I would like to wish a very happy, serene and just human new year to all my followers... Your visits on my blog, through the years, matter so much for me... And I am just happy a few people, at least, understand my fine tuning, what I feel, how I feel, what I am trying to express through my posts...

Thanks so much, everyone...

On this December 31st, I am not sure yet if should go on, and make some new posts on January 1st.

I'm serious... I don't know if it makes any sense... This blog is a kind of intimate weather report, a personal diary, something very personal... I guess my blog's inner music is so particular, is it worth to play it anymore?

I don't know... I don't know yet... I guess so few can understand what I mean, what I feel... And so many probably hate me for what I mean, what I feel...

What should I do?

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Je voudrais souhaiter une année pleine de bonheur et de sérénité, une année pleine d'humanité à tous ceux (celles ?) qui suivent mon blog... Vos visites, au fil des années, comptent beaucoup pour moi... Et cela me fait évidemment plaisir que quelques personnes, au moins, comprennent ce que je ressens, ce que j'essaie d'exprimer dans mes posts...

Merci à vous, merci à tous...

Dans cette soirée du 31 décembre, je m'interroge: dois-je continuer, demain, 1er janvier, et poster de nouveaux messages ?

Sérieusement... Je me demande si cela fait sens... Mon blog est comme un bulletin météo intime, un journal personnel, très personnel... La petite musique de mon blog est si personnelle, vraiment, que je me demande si cela vaut encore la peine de la faire entendre...

Je ne sais pas... Je ne sais pas encore... Je pense en fait que très peu de personnes peuvent comprendre ce que je veux dire, ce que ressens... Mais que beaucoup, probablement, éprouvent de la haine pour ce que je veux dire, ce que je ressens...

Que dois-je faire ?

Catch me if you can! A New year celebration!



Oooops...


Oh tell me, please...
Who is the intended viewer of this selfie?
A girl? A boy? Your mom? Me?

You are bold enough to take a selfie.

You are shy enough to hide your mouth...

You were about to say something, right?

Please tell me, we are just you and me...

The Art of David Vance

dimanche 30 décembre 2018

Blossoming Youth


You


What is the colour of your eyes?


Summer afternoon


Mes dieux nus / My naked gods


"Je prépare le rituel: café, jus de fruits, les croissants à réchauffer. Je vais voir si Eric s'est réveillé. Il dort, à plat, dans le désordre étroit du lit, désarmé, délivré par son innocence païenne de jeune fils de paysan, de garçon désirable, net et sain. Je pense à tant d'autres, dont même j'ai oublié le nom, mais que les dieux de la jeunesse m'ont offerts à leur image. Je pense à Jérôme. Je pense à ceux que j'ai perdus. Je pense sans haine aux Parques qui ne tissent jamais que des lambeaux de bonheur et m'en auront fait un manteau rapiécé. Comment ne serais-je pas ému par mes dieu nus ? Je n'ai jamais écrit qu'une prière, dans le plus ancien poème que j'ai gardé de la destruction, une prière païenne: "que jeunesse dure autant que moi".

Claude Michel Cluny, Le Retour des Emigrés, Journal littéraire 1980-1981, L'Invention du temps, tome VI, Paris, Editions de la Différence, 2008, p. 287.

vendredi 28 décembre 2018

Just another light...


I'm lost in you



A question ? Or its answer...


Gaston Goor — Archives secrètes


Gaston Goor — Pastel Drawing — 1974 (detail)  (Private Collection)


"Mon cher Goor, cher Maître,

Mille mercis pour votre dernier envoi, ces quinze pastels sont sublimes... Que de soleil, que de beauté, ils viennent me réchauffer le coeur dans ces froidures hivernales... 

Vos garçons sont merveilleux de charme et d'innocence, et ils fleurissent si naturellement dans vos paysages méditerranéens...

Il y a une poésie indéfinissable dans vos dessins, à la fois tendres et coquins, si contemporains et ancrés dans une tradition immémoriale... Car c'est bien de mémoire dont il s'agit... Vos délicieux éphèbes sont sortis des épigrammes grecs et des élégies latines, ils ont faussé compagnie à Encolpe et Ascylte pour aller s'ébattre avec Giton dans les collines d'Arcadie... Comme je les comprends ! Et je voudrais les rejoindre, vous le pensez bien ! Me donnerez-vous les clés pour ouvrir la porte de vos dessins, et passer du dehors au dedans, et prendre ma part dans leurs jeu de cache-cache, où ils ne cachent pas grand chose, entre nous soit dit...

Ah, mon cher Goor... Vous avez si souvent illustré mes écrits, depuis vos gravures pour mes A. p., si parfaites qu'elles devraient décourager tout nouveau dessinateur pour le siècle à venir... Je garde toujours, précieusement encadrées, vos épreuves d'artiste, sur papier diaphane, que vous m'avez si aimablement dédiées....

Donc, il est temps, et ce ne sera que justice, mon cher, c'est à moi d'écrire sur vos dessins, et de trouver les mots les moins indignes de votre sublime imagination...

Laissez-moi quelques jours, mon ami, vous avez réveillé la Muse garçonnière...

Avec toute mon affectueuse admiration

XX

(Lettre datée du 15/11/1974)






Hair Style


Espace-temps


"Quand nous nous aimons toi et moi
Je vois plein d'étoiles partout
Tu es mon ciel à moi à moi tout seul
Et je me perds dans de profonds trous noirs
Avant de recréer la voie lactée

Sur les tendres courbes de ton espace-temps"

Eraste de Saint-Amant, Poèmes garçonniers, 1998.

jeudi 27 décembre 2018

First blade


Dream of tenderness


"Nous nous sommes endormis dans la tiédeur du plaisir
Et nos mains doucement ont relâché leur étreinte
Pour cueillir les fleurs d'un rêve de tendresse
Portées par le souffle paisible de nos lèvres entrouvertes"

Eraste de Saint-Amant, Poèmes garçonniers, 2001.

Imagine!



Without warning


In search of life




Brioche



"Une carte postale d'Arcachon: "Je suis plus doré qu'une brioche. Je ne sais pas si tu aime (sic) les brioches. Bisou. Jérôme".

Claude Michel Cluny, Le Retour des Emigrés, Journal littéraire 1980-1981, L'Invention du temps, tome VI, Paris, Editions de la Différence, 2008, p. 285.

mercredi 26 décembre 2018

Prelude


Always


Fragment of a novel: Platonic love ?


"Louis était un étudiant en philosophie, qui est entré dans ma vie il y a quelques années... Ce beau garçon n'avait pas encore vingt ans, mais voulait savoir le comment du pourquoi, peut-être même le pourquoi du comment. Il lisait Platon dans le texte, mais ne dédaignait pas Descartes, pour les certitudes du cogito, ni Hegel, pour regarder les choses de haut. Les existentialistes l'avaient fasciné, mais il n'a jamais pu lire Freud... S'il s'est parfois tenu sur le bord du précipice, en lisant Kierkegaard, il n'a jamais partagé le désespoir cynique d'un Cioran, dont cependant il aimait lire les noirs aphorismes...

Louis était un lettré, un inquiet, un intello... Mais aussi, quand il le fallait, un épicurien, s'offrant aux plaisirs des sens et du corps. Il fut un délicieux amant, tendre et entreprenant, sensuel et exigeant... Et sur l'oreiller, entre deux étreintes, il me chuchotait à l'oreille: "Je suis persuadé que Platon n'a jamais été platonique... Il aimait trop les garçons... et il était philosophe..."

Je n'ai jamais autant appris sur la métaphysique qu'en partageant mon lit, ma vie avec Louis... Nous nous sommes aimés corps et âmes,  c'était avec une âme, autant qu'avec un corps, que je faisais l'amour... Et quel corps..."



I want to forget...



Antinoüs


"Antinoüs était Grec : j’ai remonté dans les souvenirs de cette famille ancienne et obscure jusqu’à l’époque des premiers colons arcadiens sur les bords de la Propontide. Mais l’Asie avait produit sur ce sang un peu âcre l’effet de la goutte de miel qui trouble et parfume un vin pur. Je retrouvais en lui les superstitions d’un disciple d’Apollonius, la foi monarchique d’un sujet oriental du Grand Roi. Sa présence était extraordinairement silencieuse : il m’a suivi comme un animal ou comme un génie familier. Il avait d’un jeune chien les capacités infinies d’enjouement et d’indolence, la sauvagerie, la confiance. Ce beau lévrier avide de caresses et d’ordres se coucha sur ma vie. J’admirais cette indifférence presque hautaine pour tout ce qui n’était pas son délice ou son culte : elle lui tenait lieu de désintéressement, de scrupule, de toutes les vertus étudiées et austères. Je m’émerveillais de cette dure douceur ; de ce dévouement sombre qui engageait tout l’être. Et pourtant, cette soumission n’était pas aveugle ; ces paupières si souvent baissées dans l’acquiescement ou dans le songe se relevaient ; les yeux les plus attentifs du monde me regardaient en face ; je me sentais jugé. Mais je l’étais comme un dieu l’est par son fidèle : mes duretés, mes accès de méfiance (car j’en eus plus tard) étaient patiemment, gravement acceptés. Je n’ai été maître absolu qu’une seule fois, et que d’un seul être."

Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951)

Se tenir droit



"Allons dîner."
Nous passons la commande. (Il mangeait, comme beaucoup d'ados mal éduqués, affalé sur la table, ses couverts étalés hors de l'assiette, et je lui avais fait admettre que ce n'était pas bien, ni pour l'image négligée qu'il donnait, ni pour son dos.) "Tu vois, dis-je, il est tellement logique de se tenir, tu as pris le coup naturellement." Il haussa une épaule: "Ma mère m'a demandé si j'avais avalé un parapluie !"
Plus tard, avec son sourire enchanteur: "Tu vois, au lit aussi je me tiens droit ! — Ca, je n'ai pas eu à te l'apprendre; je me demande même si tu n'es pas né comme ça !".

Claude Michel Cluny, Le Retour des Emigrés, Journal littéraire 1980-1981, L'Invention du temps, tome VI, Paris, Editions de la Différence, 2008, p. 161

lundi 24 décembre 2018

Rainbow Boy


Gaston Goor — Archives secrètes


"Cher ami,

Vos délicieux jouvenceaux me font toujours autant rêver, et je viens de comprendre pourquoi...

Je me demande, au fond, à quoi ils pensent... Car ils sont toujours absorbés dans leurs pensées... A quoi rêvent-ils ? Qu'ont-ils à l'esprit, et qu'ils n'osent se dire, nous dire ?

Ou est-ce par timidité et pudeur qu'ils baissent ainsi les yeux, surpris et ravis de venir à la vie sous vos pastels inspirés, et de se retrouver avec tant de nouveaux amis, dans l'âge d'or des floraisons garçonnières ?

Si ces jolis garçons habitent votre imaginaire, cher Goor, comme vous l'avez malicieusement dit à Lyautey, j'aimerais bien que vous m'en ouvriez la porte, après m'en avoir si délicieusement entrouvert les fenêtres...

Chaque enveloppe venant de vous est toujours une promesse de ravissement, mon cher Goor....

Et nos in Arcadia...

X"

(Lettre datée de février 1972)


Think & Grow


L'amertume d'aimer


"Rien ne me paraît plus menacé que l'amour. Peut-être pas le sentiment mais, ce qui est pire, l'être aimé lui-même, sa présence, sa chaleur, sa jeunesse. Or on n'aime jamais mieux que dans l'espérance de l'amour ou par le souvenir qu'on lui voue, ce qui est tout de même paradoxal.

Je ne puis aimer physiquement au-delà de la jeunesse d'un être, ou alors par une brève illusion. L'amertume d'aimer naît de la certitude que tout est éphémère, et d'abord la jeunesse".

Claude Michel Cluny, Impostures, Journal littéraire 1968-1973, L'Invention du temps, tome III, Paris, Editions de la Différence, 2004, p. 286.

Awakening







"Je rêve d'un garçon qui s'échapperait de mon rêve
Et s'éveillerait avec moi dans la lumière du matin
Le regard étonné de se trouver dans mon lit"

Eraste de Saint-Amant, Poèmes garçonniers, 2005.

Too late







Silent Music


Too late...




The Art of Giulio Aristide Sartorio


Giulio Aristide Sartorio   — Sagra/Rite  (Détail)  1904 - 1923

Le feu et la lumière




"Nous donnons à un adolescent ce qu'il y a de meilleur en nous, et que peut-être il gardera longtemps tel un don secret.  Ce que lui nous aura donné, si pure et si belle soit cette offrande, les années en éteindront le feu sans effacer sa lumière; elles appelleront avec une insistance panique à en retrouver la grâce dans un autre garçon, la flamme du dieu passant de l'un à l'autre".


Claude Michel Cluny, Impostures, Journal littéraire 1968-1973, L'Invention du temps, tome III, Paris, Editions de la Différence, 2004, p. 93.

samedi 22 décembre 2018

Gaston Goor — Archives secrètes


Gaston Goor, pastel (detail), 1974 — collection privée.

"Cher Gaston Goor,

Merci pour le sublime pastel que vous m'avez envoyé...

J'ai effeuillé non sans mal, mais prudemment, votre solide cartonnage pour en révéler les beautés cachées, votre dessin m'est parvenu sans un pli !

Il y a dans vos dessins une poésie infinie et une compréhension intime, car vécue, de cette sensibilité particulière que nous partageons, mon ami, avec d'autres amateurs des belles juvénilités...

Il m'est apparu que dans vos délicieuses fantaisies arcadiennes, les éphèbes graciles, les jouvenceaux callipyges sont très sociaux, et sont souvent engagés dans des conversations qui préludent, je n'en doute pas, à des échanges plus intimes encore...

Au fond, de quoi peuvent-ils parler ? Que se racontent-ils ? Ils parlent de nous, sans aucun doute... Qui est l'amateur qui nous scrute, nous dévisage, suit les  courbes de nos reins, la nonchalance de notre déhanchement, le flou de notre entrejambes, et se perd dans nos silhouettes roses et nos blondes chevelures ?

Vos dessins, cher Maître, sont la Muse garçonnière du XXe siècle... Ils mettent en couleurs, en formes et en paysages ce que les épigrammes antiques ne suggéraient que par les mots — quels mots, il est vrai...

Vous dessinez, au fil de votre oeuvre, un Art d'aimer garçonnier, sensuel et poétique, intime et sensible, vous êtes l'Ovide de la pédérastie...

Et il n'est d'amant sensible qui ne souhaiterait se défaire des conventions de notre temps (et, incidemment, de ses vêtements) pour se glisser dans le cadre de vos paysages arcadiens et s'en aller batifoler avec cette aimable jeunesse, dans l'évidence des seules amours qui importent vraiment, je veux dire, où les corps communient librement avec les âmes...

Je me réjouis de votre visite annoncée pour le mois prochain. Je vous montrerai quelques antiques qui viennent d'entrer dans ma vie, notamment un buste d'Eros en marbre qui a dû être caressé par Praxitèle lui-même.... Je rêve à l'éphèbe qui lui servit de modèle...!

Je vous prie, venez avec votre carton à dessins. J'aurai la primeur du choix, vous me le devez bien. Des amis généreux, membres de notre ordre chevaleresque, vous délesteront de vos derniers pastels, vous repartirez votre carton vide et vos poches pleines.

Mille mercis, à nouveau...

Et nos in Arcadia...

XXXX

(lettre datée du 12 Septembre 1974)


I was attracted...