dimanche 13 mai 2018

Brun gamin de Sorrente....



Georg von Hoesslin (1851-1923) 
 Ephèbe nu dans une pose héroïque


"Brun gamin de Sorrente au goût de figue mûre,
Toi qui sens l'oranger et le myrte au soleil
Toi qui piquas mon coeur comme un essaim d'abeilles
Dont la lèvre frémit sous mes chaudes morsures.

Laisse-moi t'emporter comme un enfant qui dort,
Te poser sur ce lit, sans besoin de lumière,
Avec un long baiser pareil à des prières,
Car je suis le voleur qui cache son trésor...

... Car je souffre et je tremble; et ton désir me tue...
Quel mal avons-nous fait en nous aimant d'amour,
En évoquant, tous deux, non la fuite des jours,
Mais la soie et le cri de nos caresses unies ? ....

Corradino lointain, plus tard, si venait l'heure
Des sanglots, du départ — peut-être de l'oubli —
Oh, svelte gamin brun, pense un soir à celui

Qui t'aura dédié son âme la meilleure"

Jacques d'Adelswärd Fersen
La Neuvaine du petit faune

(Paris, Editions Quintes-feuilles, 2010, p. 146)

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