mercredi 31 octobre 2018

The Dancer



Please, answer me !


I know you have received my email...
I know you read my blog...
Please, answer me...
I miss you, so badly...

Music


The music of your face
The music of your eyes
The music of your lips

There are so many harmonics in a boy's face...

Fritz Morgenthaler in the sculptor's study

Fritz Morgenthaler modeling for sculptor Karl Geiser (1930s)

Fritz Morgenthaler was the son of the Swiss painter Ernst Morgenthaler and his wife Sasha Morgenthaler-von Sinner. He studied medicine at the University of Zurich and got his degree in 1945. 

His doctoral thesis, Untersuchungen über die Phänomenologie des Fussohlenreflexes beim Gesunde, was published in 1948.[1]While he was working at a neurological hospital in Zurich he trained as a psychoanalyst with Rudolf Brunn. Together with his wife Ruth, and Paul Parinand his wife Goldy Parin-Matthèyhe undertook expeditions to West Africa and they developed the concept of ethnopsychoanalysis.

Morgenthaler also was the first psychoanalyst who said that homosexuality is not an illness or psychological defect.

(source: Wikipedia)

dimanche 28 octobre 2018

Mac Avoy — Drawing for Montherlant, Les Garçons


Henry de Montherlant, Les Garçons, Edition Intégrale, Illustrations de Mac Avoy, Paris, Gallimard, 1973.

Japanese dream


Waiting for your answer...


I sent you an email today...
I could not prevent myself to do so...
I miss you, so badly...
It hurts...
I know I am ridiculous...
Will you answer me...?
Just two words...
Please...
I love you...

Une douloureuse tendresse



"Tu étais assis en face de moi, je n'avais de cesse de te regarder. Du coin de l'oeil, l'air de rien, subrepticement, mais toujours mon regard vers toi était aimanté. Tu étais la pierre magnétique qui affolait mes repères, ma boussole, mon regard.

Ta beauté, ton charme, et juste ta manière d'être là, vivant, présent au monde, devant moi, étaient à la fois source de plaisir et d'une intime souffrance. Peut-être est-ce là la meilleure définition du désir...

Je me suis nourri de la lente chorégraphie de tes gestes... La main que tu passes dans tes cheveux, sur laquelle tu appuies ta joue, le doigt que tu poses sur tes lèvres, tes mimiques, lorsque tu serres les lèvres, lorsque ton regard s'échappe vers le haut. La finesse de tes doigts et le duvet doré de tes bras, s'échappant d'une chemise à manches courtes. Ton cou gracieux invitant le regard à suivre le doux dénivelé d'une poitrine lisse, à peine dévoilée par le décolleté de ta chemise entrouverte... Tes joues imberbes et ta coupe de cheveux délicieusement garçonnière, les oreilles dégagées, très court sur les côtés, tandis qu'un jardin de boucles blondes fleurissait sur le dessus de ta tête.

Je n'avais de cesse de te regarder, de te caresser du regard, sans trop insister, car cela ne se fait pas, n'est-ce pas, surtout dans un lieu public... Et je m'obligeais à résister à la tentation, à jouer l'indifférent, à regarder ailleurs, mais sans cesse vers toi mon regard était attiré.

Ton regard croisait parfois le mien. Je le détournais aussitôt. Tu m'as souri. Je me suis dit que j'étais encore amoureux, cela m'arrive trop souvent, mais c'est ainsi. Et je rêvais à ces délicieuses touches d'intimité que me dévoilaient les gestes de ta main, les expressions de ton visage, ta tête nonchalamment appuyée, ta manière se serrer les lèvres, d'un air résolu, puis de les entrouvrir...

J'ai imaginé ce que pourraient être, ce qu'auraient pu être une tendre amitié entre nous, une intimité partagée, un amour naissant... Il y aurait bien sûr le regard des autres et le qu'en-dira-t-on, un homme de mon âge avec un garçon qui franchit tout juste le seuil de ses vingt ans. Mais en même temps l'évidence d'un amour improbable, entre l'aîné et son aimé, partageant un temps de vie dans le silence d'une fraternité des coeurs, d'une complicité des corps.

Et puis, tu t'es levé. Nos regards se sont croisés. Tu m'as souri. Sur le pas de la porte, tu t'es retourné. Un sourire encore, un imperceptible mouvement des doigts, pour moi seul visible. Tu m'avais compris. Et j'ai ressenti une douloureuse tendresse, peut-être comme l'espoir d'une consolation à ma peine, dans ce signe si discret, ce signe de reconnaissance".

Edouard Nocragel, Pensées et mémoires, Bruxelles, 1950, p. 122.

dimanche 21 octobre 2018

Pause


Dear visitors,

As you probably noticed, my blog is currently in stand by and pause mode. It is a busy time for me, in the real world...

I hope to come back very soon.

Please, feel free to browse the five years archive of my posts on Eros in Arcadia, and enjoy !

Mark


Chers visiteurs,

Comme vous l'avez constaté, mon blog est en pause en ce moment. Période un peu chargée dans le monde réel...

J'espère revenir très vite, très bientôt

Profitez-en pour vous promener dans l'archive des cinq années d'existence d'Eros in Arcadia !

Mark



samedi 6 octobre 2018

Morning


"Que reste-t-il d'une nuit d'amour
Sinon la tiédeur d'un lit
La langueur des corps ?"

Eraste de Saint-Amant, Poèmes garçonniers, 1985.

Regard / Gaze


Gaston Goor — Archives Secrètes



Gaston Goor — Mousa Paidiké (détails)
Collection privée




"Cher ami,

J'ai bien reçu vos dernières traductions: Straton, toujours, mais aussi Méléagre, Callimaque et des anonymes...

Mais rassurez-moi: je ne dois pas illustrer chaque poème ? Comment concevez-vous la publication de votre Muse garçonnière ?

Les textes sont très beaux... Grâce à vous, ils chantent la beauté et le désir dans une autre langue que le grec... Et quelle beauté, quel désir...!

Il m'a semblé que je pouvais m'attacher à l'esprit plus qu'à la lettre... et laisser libre cours à mon imagination, en écoutant la musique de vos poèmes... Les yeux fermés, en effet, j'entends une musique, je vois une chorégraphie, une exultation des corps, en apesanteur, entre ciel, terre et mer... 

Je m'en tiens à mon choix du fond noir — figures rouges sur fond noir, je reste dans le sujet, n'est-ce pas...

Oui, chorégraphie, exultation des corps, exaltation de la beauté, innocence des désirs et des plaisirs, qui s'inscrivent dans l'harmonie des éléments primordiaux: l'Eros garçonnier est le feu, qui embrase les corps et les coeurs, entre ciel, terre, et mer...

Ce dessin tout récent, que je soumets à votre jugement, je le conçois comme un Art d'aimer, libre, affranchi, extatique, aquatique, où l'amour du beau, l'amour des corps nourrissent les mêmes désirs, les mêmes plaisirs, dans un vertige qui ébranle les âmes...

J'aimerais que mes crayons approchent du haut degré de spiritualité, de la quintessence de culture et d'humanité de vos poètes grecs, surtout lorsque, grâce à votre plume, ils chantent si bien leurs amours dans notre langue...

Dites-moi, mon ami, ce que vous pensez de ces cabrioles ludiques, un peu lubriques aussi, je l'admets, mais nos amours ont leur innocence...

Bien fidèlement

Goor"

(Archives secrètes, ca 1950)



Photo by Justin


Your only chance



The Art of Christian Schoeler


Mac Avoy — Drawing for Montherlant — Les Garçons


Henry de Montherlant, Les Garçons, Edition Intégrale, Illustrations de Mac Avoy, Paris, Gallimard, 1973.

mardi 2 octobre 2018

Silver beauty


Gaston Goor — Archives secrètes


Gaston Goor — Mousa Paidike — Pastel (Collection privée)

"Mon cher ami,

J'avance dans mes traductions de la Muse garçonnière... Ah quel beau grec, la langue bien sûr, concis, épuré, clair comme l'eau du Céphise, transparent comme une tunique d'éphèbe que soulève le zéphyr à la sortie du gymnase...

Traduire, sans trahir, c'est faire entendre non seulement la musique des mots, mais celle du désir...

Et je polis, astique et caresse chaque mot, comme je le ferais d'un... Enfin, vous me comprenez...

De ces poètes éphébophiles, aucun ne parvient à la perfection de Straton... Tenez, je crois que je suis enfin parvenu à traduire l'épigramme 11, je vous en donne la primeur (de l'épigramme seulement, car je garde le garçon !)

"Même si un duvet frisé couvre tes joues,
Et des boucles dorées ombragent tes tempes;
Je ne te fuis pas, mon aimé. Ta beauté,
Malgré la barbe naissante, malgré les poils, est mienne"

Si mignon, n'est-ce pas... Quoique la barbe naissante, évidemment...

Alors pour les dessins, Goor, que devez-vous faire ?

Je ne veux pas de l'archéologique... Je veux de l'élégiaque, de l'idyllique, je veux des épigrammes visuelles...

Je veux de joyeux délires, Goor, une chorégraphie d'éphèbes en apesanteur, pas de l'académique, ni des corps alanguis à la Praxitèle (quoi que ses garçons aient parfois des charmes indéniables...), non, je veux des paîdes, des meirakia, des epheboi à la sortie du gymnase, sentant bon l'huile et la sueur, ou entre des lits de banquets, ne s'effarouchant pas des caresses des hommes à qui ils servent du vin...

Oubliez vos visites au Louvre, Goor, transcendez les ! Fermez les yeux, imaginez moi ces garçons, ces éphèbes si beaux qu'on a écrit tant de poèmes sur eux... Faites moi des pastels poétiques, faites moi des poèmes érotiques, Goor, allons... Oubliez les conventions, laissez-vous bercer par la musique entêtante des amours pédérastiques...

Immergez-vous, ramenez moi dans la Grèce ancienne, dans les gymnases et les palestres d'Athènes, dans le Banquet de Platon !

Je compte sur vous, et vous savez que je ne compterai pas, pour vous remercier de donner corps à mes douces fantaisies !

Bien fidèlement  

XX"

(Archives secrètes, ca 1950)

Teasing Narcissus


Pourquoi est-il plus facile de montrer ses fesses que sa face ?
Why is it easiest to show his butt rather than his face?

I love this weird mixture of shyness and indecency
J'aime cet étrange mélange de timidité et d'impudeur

Que veux-tu prouver, Narcissus ?
What is your point, Narcissus?

Premier baiser / First kiss


"Après un premier baiser, il ne faut pas se presser...
Il faut le goûter, le savourer, y penser et repenser...

Il faut se demander pourquoi pourquoi lui pourquoi moi
Pourquoi maintenant pourquoi ici

Il faut doucement passer la langue sur ses propres lèvres
Pour cueillir à nouveau la douceur fleurie et éphèmère
Du baiser déposé par des lèvres tremblantes et aimantes...

Un premier baiser c'est comme une abeille qui se pose sur une fleur
Le pollen deviendra miel doux et sucré comme les amours d'été..."

Eraste de Saint-Amant, Poèmes garçonniers, 1998.

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